Instruments anciens au service de la tradition romantique

Pour sa 25e édition, le Festival des cuivres avait donné ce mercredi 7 août, en l’Abbatiale du Monastier-sur-Gazeille, carte blanche à David Guerrier. On ne présente plus l’exceptionnelle virtuosité de ce musicien surdoué qui, excellant dans l’art de la trompette comme dans celui du cor, a joué, après de multiples prix internationaux, avec les orchestres les plus prestigieux et fut par deux fois élu soliste instrumental de l’année aux Victoires de la Musique 2004 et 2007.

On sait aussi combien la démarche artistique de David Guerrier est authentique, passionnée, généreuse et ne cesse d’arpenter avec exigence des territoires musicaux audacieux et souvent peu parcourus. Le programme du concert donné en l’Abbatiale, pour le plus grand bonheur du public, n’a pas dérogé à cette règle puisque, avec les cornistes de l’Ensemble Alfred de Vigny (Bernard Schirrer, Hugues Viallon, Marianne Tilquin, Mathieu Siergrist et Pierre Burnet) les pièces présentées illustraient, sur
instruments anciens, toujours délicats à jouer, le charme trop méconnu de la tradition romantique française qui privilégia les harmonies feutrées du cor naturel au phrasé du cor chromatique à pistons qui tendait progressivement à le supplanter. Après une première partie consacrée à la fascination de Rossini, Berlioz ou encore Gounod, dans la veine chambriste ou mélodiste, pour les timbres d’un instrument célébré par toute la poésie romantique, une seconde partie a donné à entendre une interprétation très rare en cor naturel d’une oeuvre méconnue mais importante de celui qui incarne cette tradition française, Louis-François Dauprat, interprétation ovationnée par un public conquis.


2018-11-27T21:03:37+00:00